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Le 19.04.2010.
La Bolivie a commémoré en 2009 les 200 ans du soulèvement
de Charcas (ancienne ville de Sucre) qui fut le point de
départ de la rébellion bolivienne contre l’autorité de
l’Espagne. Par la suite, les révoltes se sont multipliées
dans les colonies espagnoles profitant de l’abdication du
Roi d’Espagne Ferdinand VII pendant l’occupation française.
Mais entre 1810 et 1819, de la formation de la Junte de
Caracas (19.04.1810) dont nous célébrons aujourd’hui le
Bicentenaire jusqu’à la victoire sur les troupes espagnoles,
s’élabore dans la presse, dans les textes officiels et dans
la parole des hommes politiques, un discours destiné à
construire la mémoire nationale du Venezuela. D’où je me
pose la question suivante : Les mémoires nationales du
Venezuela, la rupture ou bien le processus de rupture avec
l’Empire Espagnol contribuent- elles à poser les jalons des
identités collectives et à la construction des Etats
nationaux ?
Depuis le 19 avril 1810, l’élan vers l’Indépendance a été
suivi sous l’impulsion de Caracas en 1810. Ce jour fut
l’œuvre d’une Junte (une municipalité) et de plusieurs
patriotes.
Les Juntes Révolutionnaires se sont installées en 1810 à
Cartagena, Quito, Santafé, Buenos Aires, Cuzco, Santiago de
Chile, Concepción, Asunción et à Caracas.
Nous ne pouvons oublier l’immense contribution du peuple
haïtien à la lutte pour l’indépendance des peuples
assujettis à l’Empire espagnol. En 1799 (5 ans après
l’Indépendance d’Haïti), Thomas Jefferson disait déjà : « Si
cette combinaison (la révolution haïtienne) s’introduit
parmi nous déguisée de n’importe quelle manière, nous
devrions avoir peur » Il avait bien raison, car les
Etats-Unis et les sociétés américaines de cette époque
étaient fondées sur l’esclavage et la servitude.
Le 19 avril 1810 représente un défi de mémoire, de
reconstruction en temps présent des luttes des peuples
originaires et des peuples africains, qui furent soumis à la
traite négrière et à l’esclavage, et qui faisaient partie de
la gestation héroïque pour l’indépendance.
Mais la lutte pour l’émancipation continue…Le monde
contemporain est gouverné par des grandes oligarchies
financières, économiques et culturelles qui dominent la
planète et façonnent la vie économique, mais aussi les
rapports de pouvoir, les valeurs et la vie quotidienne.
C’est pour cela qu’ faut bâtir un autre monde fondé sur la
solidarité et la coopération. C'est-à-dire, une grande vague
d’émancipation des peuples du Sud se trouve à l’ordre du
jour.
Bolívar a été et demeure toujours un symbole de l’union des
peuples latino-américains avec San Martin, Artigas et tant
d’autres. Dans la préface du livre d’écrits choisis de Simon
Bolivar J’ai labouré la mer, le président Abdelaziz
Bouteflika dit : « Lire Simón Bolívar aujourd’hui c’est
peut-être assister à l’émergence encore ténue, fragile d’un
nouveau pôle civilisationnel dont Simón Bolívar est le
visionnaire perspicace et l’acteur désemparé : «Notre peuple
n’est pas européen, il n’est pas davantage américain du
Nord, mais un composé d’Afrique et d’Amérique plutôt qu’une
émanation de l’Europe». Simón Bolívar a certes labouré la
mer, pas dans le sens où son action n’aurait été qu’un coup
d’épée dans l’eau, mais parce qu’elle a, au sens strict
fécondé l’Atlantique Sud d’un nouveau projet civilisationnel
dont les premiers plants vigoureux mûrissent sous le soleil
du Venezuela, de la Bolivie et de Cuba».
Et j’ajoute de toutes les nations sud-américaines qui
luttent pour articuler dans un nouveau terrain les
aspirations légitimes des peuples du continent pour la
souveraineté, l’égalité et la pluralité culturelle et la
coopération avec les peuples et nations du Sud.
La Déclaration de Cancun (23.02.2010) signée par les
dignitaires et chefs d’Etat des pays d'Amérique Latine et
Caraïbes est un pas en avant pour construire cet espace
commun américain, Résolus à construire un espace commun dans
le but d’approfondir l’intégration politique, économique,
sociale et culturelle de notre région et d’établir des
engagements effectifs d’actions conjointes pour la promotion
du développement durable de l’Amérique Latine et des
Caraïbes dans un cadre d’unité, de démocratie, de respect
sans restrictions aux droits de l’homme, de solidarité, de
coopération, de complémentarité et de concertation politique.
Unité faite sans le concours du Canada et les Etats Unis.
Nous souhaitons remercier son Excellence Monsieur le
président Abdelaziz Bouteflika pour avoir permis à un
bataillon de l’armée algérienne de prendre part à la grande
parade civico- militaire du 19 avril à Caracas en
commémoration du Bicentenaire de l’Indépendance du
Venezuela.
Un exemple d’union entre la terre révolutionnaire de l’Emir
Abdelkader y la Pachamama, la Terre nourricière des peuples
originaires, la grande patrie de Bolívar.
Michel Mujica
Ambassadeur de la République Bolivarienne du Venezuela à
Alger |